Tel-Aviv et le kibboutz de Guy Hadany

La plage de Tel-Aviv

C’est finalement avec Guy Hadany qu’on termine ce premier périple chez les amis de nos amis Facebook.

Guy est l’ami de Morgane, une de mes amies Facebook et ancienne colocataire. Elle est originaire de France et lui d’Israël, mais ils se sont rencontrés en Argentine, alors que Guy venait de terminer l’armée et voyageait pour quelques mois.

Juste une parenthèse comme ça : les Israéliens qui voyagent en Amérique du Sud sont nombreux. Comme Guy l’explique dans l’entrevue qu’il nous a accordée, ils larguent pratiquement tous les amarres après leur service militaire obligatoire, vers 20 ou 21 ans. Le but, c’est bien sûr de découvrir du pays, mais surtout, c’est de fuir cette discipline imposée par l’armée à chaque jeune Israélien. Ce qu’ils veulent, donc, c’est lâcher leur fou avant d’entreprendre les études.

On a rencontré Guy pour la première fois à Tel-Aviv. À 26 ans, il vient tout juste de rentrer de voyage, après 6 ans d’armée (3 ans obligatoires et 3 ans en tant que commandant). Il n’a pas encore étudié et il est difficile pour lui de se trouver un emploi. L’armée le reprendrait bien dans ses rangs, mais Guy insiste pour dire que la période militaire de sa vie est terminée.

C’est donc avec ses amis de l’armée qu’on a trinqué ce soir-là, dans un bar du quartier Hatsafon Hayashan, situé au nord-ouest de Tel-Aviv. Bien qu’ils aient terminé leur service militaire et qu’ils soient pour la plupart aux études, ce dont on a parlé ce soir-là, c’est… encore et toujours de l’armée. De la réserve. De la guerre du moment. De ce qu’ils ont vu à Gaza ou ailleurs. Ils appartenaient tous à des unités différentes et avaient tous des histoires fascinantes et horribles à raconter. Ensuite, après plusieurs tournées d’arak, le groupe s’est normalement dirigé vers un repas d’après-beuverie, un resto nommé… La Gâterie! Un sympathique resto français, ouvert 24/24, qui est bien connu pour servir parmi les meilleurs sandwiches de la ville.

Notre hôte Guy Hadany

On a mis le cap vers le nord du pays le lendemain. Guy nous a emmenés dans son kibboutz familial, nommé Lohamei Haghetaot. Le fonctionnement de ces communautés israéliennes m’intriguait particulièrement, mais dans ce kibboutz, les valeurs traditionnelles se sont perdues. Quand Guy était jeune, chaque personne donnait son salaire à l’administration du kibboutz, qui le redistribuait à tous en parts égales. La notion de propriété privée n’existait pas, et les habitants s’affairaient à des tâches précises en vue de faire fonctionner le tout. Chaque repas était servi gratuitement et tout le monde mangeait ensemble dans la cafétéria. Bref, c’était une communauté autosuffisante qui fonctionnait sur les principes du socialisme. Il reste quelques kibboutz en Israël qui sont encore gérés ainsi, mais très peu. Reste les valeurs de partage, l’esprit de communauté.

La famille Hadany nous a accueillis chaleureusement et nous a logés dans l’appartement du petit frère de Guy. C’est un des appartements une-pièce prêtés gratuitement aux jeunes qui font leur service militaire. Il est situé à une minute de la maison des parents. Au fait, je parle du « frère » de Guy, mais ce n’est pas réellement son frère. C’est un des jeunes du kibboutz qui a – selon leurs dires – des mauvais parents, et qu’ils ont adopté, alors que les vrais parents habitent tout près… Un autre concept du kibboutz traditionnel qui me dépasse : apparemment, les enfants vont, font et habitant où ils veulent.

Salle de musique du kibboutz

Le « vrai » frère de Guy, lui, a 16 ans. Il nous a fait visiter sa salle de musique, ou plutôt un des abris antibombe qu’il s’est approprié avec ses amis. Ils y ont mis un clavier, une batterie et quelques guitares… Ils peuvent être certains de ne déranger personne! Aujourd’hui cet abri n’est plus utilisé, mais en 2006, alors que les roquettes pleuvaient en provenance du Liban, c’était plusieurs fois par jour que les habitants s’y réfugiaient.

Guy nous a ensuite emmenés dans un autre kibboutz nommé Hanita, situé tout au nord, pour nous montrer la double clôture qui sépare le Liban d’Israël. Une frontière impossible à traverser, sans passage, sans douanes, puisque les deux pays sont ennemis. Un lieu que j’imaginais dangereux, mais qui en ce moment – contrairement à certaines périodes de guerre – est tout à fait tranquille.

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On a aussi visité les alentours, vu les jardins Bahai à Haïfa, mangé des baklavas à Akko, vu le gouffre de Rosh Hanikra, mangé des schnitzels à Nahariya, et assisté au spectacle de sa mère marionnettiste, qui une chance était… muet!

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